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Commentaires fermés sur Les assistants personnels sont-ils personnels ?

D’ici 2021, les assistants vocaux seront plus nombreux que les êtres humains sur Terre. Alexa, Cortana, Siri, Google Home ou Assistant, sont d’ores et déjà devenus en quelques années, des noms incontournables pour tous.

 

Les analystes sont formels : la voix deviendra le mode principal d’interaction avec les appareils intelligents. Dans cette optique et dans un monde où les GAFA sont devenus tout-puissants, il paraît légitime de se poser des questions quant aux stockages de nos innombrables données récoltées, notamment au travers des assistants personnels.

 

Un océan de données personnelles

 

Que ce soit pour configurer et contrôler le minuteur de cuisson, contrôler des appareils multimédias ou encore allumer et éteindre la lumière, les plus grands de l’industrie de la high-tech ont désormais pour objectif premier de mettre toutes sortes d’assistants au cœur de la vie domestique des utilisateurs. Pour être clair, il s’agit de contrôler toutes les applications possibles avec les cordes vocales plutôt qu’avec les doigts, faire basculer du tactile aux vocal en un claquement de doigts. Un véritable bouleversement mais, avec un potentiel qui paraît indéniable à domicile, comme le fait de pouvoir ordonner d’augmenter le volume d’une chaîne hi-fi depuis n’importe quelle pièce.

Mais quel est le prix à payer pour ses services ? « J’ai pu constater directement le type de données que Microsoft collecte via son petit monstre Cortana, car les données audio qu’elle collectait passaient entre nos mains (et nos oreilles !) pour analyse et correction. » Témoigne Julie, dresseuse d’IA.

 

assistant personnel

Qui derrière l’IA ?

 

Depuis l’émergence de l’Intelligence Artificielle (IA), celle-ci a créé un besoin constant de récolte de données. Cependant, ils s’imposent souvent sans que les utilisateurs aient forcément beaucoup d’espace pour les interroger. Toutes sortes d’assistants virtuels équipent les appareils connectées que ce soit de l’enceinte en passant par le réfrigérateur, mais ses assistants personnels ne naissent évidemment pas intelligents. Ils doivent être apprivoisés à interpréter les requêtes et les habitudes pour répondre à toutes les demandes des utilisateurs. Il existe de véritables « dresseurs » d’intelligences artificielles ou leurs missions consiste à retranscrire par texte des centaines de milliers de requêtes vocales envoyé par petits bouts ainsi que comparer des extraits audio avec des retranscriptions automatiques et les corriger si nécessaire. En cette mesure, toutes sortes de logiciels à activation vocale tels que Alexa, Cortana ou encore Siri perdent soudainement de leurs magies et sont finalement des agents conversationnels qui possèdent pour une immense partie de leurs composantes un travail finalement non-artificiel.

Vers une monétisation des données ?

La question est donc de savoir comment réguler l’usage qui est fait des données personnelles et à quelle échelle ? Une des réponses envisageables serait de mettre en place une approche à la monétisation des données. La monétisation des données aussi appelée « data monetization » consisterait à générer de nouveaux revenus, en plus du chiffre d’affaires classique de l’entreprise, grâce à ses données. Cela passe par l’exploitation et la création de valeur des données en interne, ou encore par leur vente en externe. Il est alors possible de vendre ses données, soit en direct soit en passant par un intermédiaire, mais aussi de les partageant (soit en l’échange d’autres données soit contre des biens ou services).

 

Aujourd’hui, les assistants vocaux peuvent s’avérer extrêmement utiles dans le confort des foyers, mais ne sont pas à la hauteur dans d’autres contextes et sont pénalisés par certains handicaps. Il est flagrant que les usagers des services numériques ignorent toujours la présence d’êtres humains dans les coulisses de l’IA et ses derniers sous-estiment les risques qui pèsent sur leur vie privée. 

 

En ce sens, il est devenu important de répertorier les atteintes à la privacy et à la confidentialité afin d’en estimer la portée pour informer et sensibiliser dans le but de mieux protéger les personnes les plus exposées.